Toujours est-il que lorsque M. de Lamartine vint apporter aux conservateurs l’appui d’un nom célèbre, d’un beau talent, d’un beau caractère,—il fut accueilli d’abord assez froidement,—puis ensuite, l’objet de la jalousie et de la malveillance de son parti, qui ne le trouvait pas assez médiocre, et dans lequel il voyait plus d’adversaires réels que dans l’opposition qu’il combattait avec eux.
Il a abandonné solennellement ce parti et s’est rangé dans l’opposition.
L’opposition l’a laissé se placer à sa tête,—à côté de ses chefs les plus prônés.
Ce qu’il y a d’assez singulier en ceci, c’est de rapprocher ce que disent aujourd’hui les journaux de l’opposition sur M. de Lamartine de ce qu’ils en disaient alors.
«Il se perdait dans les nuages...., il ferait mieux de chanter Elvire.—..... On l’avertissait de reprendre sa harpe ou son téorbe,» etc., etc.
Aujourd’hui,—c’est un concert d’éloges mérités: «M. de Lamartine est un homme—sérieux,—éloquent.»
Le vendredi,—3 mars 1843, M. Chambolle a dit dans le journal le Siècle:
«M. de Lamartine a parlé,—il ne faut pas prétendre à analyser ce majestueux tableau de la situation de la France vis-à-vis de l’Europe; il ne faut point tenter de reproduire les élans, les images de cette parole souveraine.
»M. de Lamartine serait notre adversaire que nous payerions à son talent le même tribut d’éloges; ce talent laissera après lui une trace lumineuse, éclatante, et honorera à jamais notre pays.
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