Mais si on s’avise de mêler quelque enjouement à la raison;—si l’on combat le faux, l’absurde et le mauvais avec les armes légères et terribles de l’ironie et du sarcasme,—les gens sourient,—vous trouvent très-drôle,—vous lisent ou vous écoutent volontiers,—mais prennent tout ce que vous dites ou tout ce que vous écrivez pour des calembours et des coq-à-l’âne.

Ils vous mettent au nombre des bouffons et des jocrisses,—de Brunet, ou d’Arnal, ou d’Alcide Touzet.

Ces braves gens—ne se représentent le bon sens et la raison—qu’avec l’air refrogné—et de mauvaise humeur; si vous souriez, tout est perdu.

Vous avez eu raison,—monsieur,—et vous avez eu l’imprudence d’avoir raison avec esprit,—et d’employer l’ironie—contre une chose plus ridicule qu’aucune qui ait jamais succombé sous les coups du bon sens. Quelle est donc, en effet, cette langue, ce latin,—qui jouit de tant de priviléges?—il n’est pas de sottises et de saletés qui ne soient admises, religieusement apprises et admirées,—si elles sont écrites en latin:—en latin on livre aux jeunes gens la fameuse églogue de Virgile:—Formosum pastor Corydon.

En latin,—on apprend que les abeilles naissent de la corruption d’un animal mort.

En latin,—on apprend par cœur toutes les faussetés sur la physique, sur la chimie.

L’églogue Formosum est une chose infâme,—ainsi que celle du bel Yolas; le livre d’Aristée et des abeilles—est une sottise insigne.