Voilà ce que j’appelle se conduire en dieu.

Aux petits des oiseaux (aux Guêpes), il donne la pâture.

Mille remercîments, dieu Cheneau; mais j’ai peu de confiance dans les festins donnés par le ciel;—ceux qui sont restés dans la mémoire des hommes ne sont pas, vous l’avouerez, encourageants, sans parler des divers festins dont je ne parle pas par respect, tels que la manne du désert,—nourriture purgative.

Cinq pains et deux poissons pour cinq mille hommes;

La célèbre tartine d’Ézéchiel,—les noces de Cana où on fait du vin avec de l’eau;

Les pains apportés par un corbeau à un autre prophète.

Je rappellerai Saturne—mangeant des pierres;—Proserpine condamnée à l’enfer pour un grain de grenade;—Tantale qui ne mange pas du tout—et Prométhée qui est mangé!—Permettez-moi, dieu Cheneau, de ne pas accepter votre nectar et votre ambroisie, et de me contenter de vos réponses.

On lit dans plusieurs journaux l’anecdote que voici:

«Un Anglais de distinction visitait le couvent de la Trappe. L’abbé lui présenta successivement tous les religieux condamnés à un silence perpétuel. Arrivé près de l’un d’eux, il dit: «Vous voyez ici, milord, un malheureux soldat qui, ayant eu grand’peur du canon à la journée de Waterloo, déserta le champ de bataille, et vint ensuite, désespérant de son honneur, se jeter dans notre ordre.» A ces mots, le frère changea de couleur, le combat terrible qu’il éprouvait dans son âme se peignait sur ses traits altérés; mais, fixant tout à coup le crucifix, il joignit les mains, tomba humblement à genoux devant l’abbé, et se retira pâle et silencieux de la salle.