Ce n’est pas tout à fait conforme au vœu de la loi, qui exige le secret des votes.
«Le sieur Roubaud, électeur, nous a dit que, le 12 juillet au matin, le sieur Rosty fils, notaire, lui avait offert la somme de deux cents francs s’il voulait consentir à donner sa voix à M. Floret.»
Voici un notaire qui fait là un joli trafic!—et c’est une charmante chose à faire par-devant notaire qu’un marché de ce genre.
«Les partisans de M. Floret imputent, au contraire, à ceux de M. de Gérente d’avoir acheté pour cinquante francs le vote de Roubaud.»
M. Floret a offert deux cents francs à Roubaud—et M. de Gérente seulement cinquante francs.—Il y a bien du risque que M. de Gérente soit innocent de la corruption.—Roubaud a dû préférer être corrompu par M. Floret,—attendu qu’on ne se fait pas corrompre pour l’honneur.
«Le sieur Bonnet aurait répondu qu’il s’était engagé à voter pour M. Floret, parce que celui-ci lui avait promis la veille une place de douze cents francs pour son neveu, dont il désirait se débarrasser.»
Quelque coquin de neveu probablement—comme on en voit tant.—M. Bonnet, j’en suis sûr, n’aurait rien accepté pour lui-même,—mais pour son neveu, qui ne sera plus à sa charge et qui l’embarrasse,—c’est bien différent!