»La majorité, au contraire, est d’avis que l’élection a été libre et pure, et vous propose l’admission de M. Allier.»

Oh! mon Dieu!—voilà M. Ardoin qui n’est plus honorable du tout;—c’est maintenant M. Allier,—qui, du reste, a bien manqué de ne l’être pas.

On a trouvé généralement cette conclusion de la commission: l’élection a été libre et pure,—un peu facétieuse.

ÉLECTION DE LANGRES.—Parlez-moi de Langres, à la bonne heure,—voilà un endroit où les choses se passent beaucoup mieux.

«Une multitude d’agents parcoururent la ville et les campagnes, obsédant les électeurs de promesses, de menaces, offrant des voitures pour se rendre à l’élection, et leur indiquant les auberges et les cafés où ils devaient être défrayés, et, de plus, dénigrant les compétiteurs de M. Pauwels, en les qualifiant d’aristocrates et de gentilshommes voulant la ruine du pays.

»La veille de l’élection on avait accaparé toutes les voitures et les chevaux de louage du chef-lieu pour amener, dès le matin, tous les électeurs de la campagne dont on redoutait l’indépendance du vote; et ensuite, placés dans les maisons et auberges où ils étaient gardés à vue, on les extrayait de leur retraite dans un état voisin de l’ivresse, et on les accompagnait ainsi au bureau de l’élection.»

M. Ardoin et M. Allier hébergeaient les électeurs d’Embrun;—mais M. Pauwels fait mieux: il grise les électeurs de Langres.

«M. Chauchart, membre du conseil général, a déclaré devant la commission qu’il avait vu dans le sein du collége un sieur Carbillet, chef d’instruction, amenant un électeur qu’il soutenait, attendu qu’il ne pouvait presque plus marcher. M. Beguinot de Montrol en a vu un tout à fait ivre, dont le billet a été écrit par un autre électeur. M. Renard, substitut du procureur du roi à Vassy, nous a dit: «Les électeurs dont M. Abreuveux écrivait les billets n’étaient pas ivres, mais ils étaient appesantis par le vin