«Ce qui caractérise l’intimidation, c’est l’absence forcée des électeurs, empêchés, par une terreur répandue à dessein, de venir exercer leur droit; et l’élection d’Embrun présente, moins que toute autre, ce caractère, puisque quatre électeurs seulement se sont abstenus, et que leur absence a été justifiée.»

Est-ce que messieurs de la commission n’appellent pas intimidation—l’action d’obliger un employé par la peur de perdre sa place;—un débiteur par la peur des poursuites, à voter autrement qu’ils ne veulent?—vrai, je ne suis pas satisfait de cette définition de l’intimidation.

«Là se borne, messieurs, l’examen des quatre griefs imputés par M. Floret à l’administration, dans une des séances du mois d’août dernier. Passons à la discussion des trois faits reprochés à M. Floret dans la même séance, en réponse à ses accusations.»

Comme nous l’avions remarqué,—quatre faits contre l’administration, trois faits seulement contre M. Floret.—M. Floret est vertueux; mais voici quelque chose à quoi, j’en suis sûr, personne ne s’attend, c’est qu’après le développement des jolies choses que je viens de vous dire en abrégé,—la commission ravie—s’écrie en finissant:

«Conservons précieusement cet esprit constitutionnel; il y va de tout notre avenir.»

Voilà de ces choses qu’on n’oserait pas inventer.

Le lendemain, la Chambre n’a pas été de l’avis de la commission,—elle a, il est vrai, annulé l’élection de M. Pauwels,—mais elle a également mis à néant celle de M. Floret.—Au moment où nous mettons sous presse, on ne sait pas encore ce qu’il sera fait de M. Allier.