C’est ainsi qu’autrefois on permettait de passer aux barrières de Paris de petites quantités de vin et de viande;—on a supprimé cette tolerance, qui ne s’appliquait qu’aux plus pauvres.
Cela est légal comme l’ordonnance de M. Humann, mais cela est injuste,—mais cela est triste,—et ce n’était pas à un gouvernement qui a pris les affaires au rabais,—qu’il convenait de râcler ainsi le fond des pauvres écuelles.
Décidément le ministère Thiers coûte cher;—c’est à cause du déficit qu’on m’a fait timbrer les Guêpes—et donner chaque mois quelques centaines de francs au gouvernement.
Voici maintenant qu’on cherche de nouveaux expédients; un ministère Thiers est une jolie chose,—mais une chose de luxe dont il ne faut pas se passer trop souvent la fantaisie.
Voilà la vérité sur l’ordonnance Humann,—comme je vous la dis sur les autres choses de ce temps.
DE L’HOMICIDE LÉGAL.—Il existe à Paris une compagnie d’assurance contre les amendes et les dommages-intérêts que peuvent encourir les conducteurs de voitures lorsqu’ils écrasent quelqu’un,—c’est-à-dire que, moyennant une prime payée annuellement, on peut se livrer à cœur joie à l’homicide par imprudence,—crime prévu, qualifié et puni par tous les codes.—De là à une compagnie d’assurance contre les mauvaises chances que MM. les voleurs peuvent rencontrer dans l’exercice de leur profession, il n’y a qu’un pas, et un pas et demi à l’assurance contre le chagrin que la justice voudrait faire à MM. les assassins.
Il faut dire que cette compagnie est autorisée par le gouvernement.