Rendez-nous, mon Dieu!—les vers luisants dans l’herbe,—et reprenez-nous M. Aimé Martin, qui ne luit nulle part, et a fait sur la Rochefoucauld le beau commentaire dont les Guêpes ont fait une appréciation convenable.
Je guettais avec tant d’anxiété et de joie—la première rose d’un charmant rosier-noisette, qui me donne chaque année la première fleur!—Eh bien, la pluie a détruit le bouton encore fermé. Que ne donnerais-je pas des splendeurs de ce temps-ci—pour racheter ma pauvre petite rose!
Rendez-nous, mon Dieu! les premières roses, les roses de mai,—et reprenez-nous les différents accapareurs de consonnes—que les journaux appellent de grands, célèbres, d’illustres pianistes,—et qui consentent à se faire entendre si souvent chaque hiver.
Pour ma petite rose, mon Dieu!—je donnerais M. Delessert, cet ingénieux préfet de police que vous savez;—je donnerais cette belle galerie de bois que l’on a accrochée au flanc du Louvre!—je donnerais les comédies de M. Bonjour—et l’institution de la garde nationale, et les fortifications de Paris.—Je ne sais ce que je donnerais pour ma petite rose.—Reprenez tout cela, mon Dieu!—et rendez-nous les roses de mai.
Pourvu que vous ne nous supprimiez pas les roses de juin!
Mon Dieu! rendez-nous le printemps,—rendez-nous le ciel bleu,—le soleil,—les nuits parfumées et les étoiles.—Rendez-nous ces éternelles magnificences,—et reprenez-nous les deux tiers au moins de nos grands citoyens,—de nos illustres, de nos célèbres, etc., etc., etc.