Le camellia à odeur enivrante de M. Rolle, espèce jusqu’ici inconnue, manque à la collection des fleurs fantastiques de M. de Balzac,—le camellia à odeur enivrante est le digne pendant de l’azalée grimpante de l’auteur de la Petite Revue parisienne.
Est-ce que par hasard les temps prédits par les poëtes seraient arrivés?
Virgile, dans l’églogue adressée à Pollion—sur la naissance de son fils: «Des chênes, dit-il, il coulera du miel,—on verra dans les prairies des moutons rouges et des moutons jaunes.
Et duræ quercus sudabunt roscida mella...
. . . . . . . . . .
Nec varios discet mentiri lana colores
Ipse sed in pratis aries jam suave rubenti,
Murice, jam croceo mutabit vellera luto...
Nous avons déjà—le camellia à odeur enivrante de M. Rolle et l’azalée grimpante de M. de Balzac,—nous en verrons bien d’autres.
Quand je disais dernièrement que, les chevaux abolis,—on allait bientôt s’occuper de supprimer l’homme et de le remplacer par des machines, je ne sais si j’étais prophète ou si j’ai ouvert une idée à quelqu’un.
Toujours est-il que je vois depuis quelques jours dans tous les journaux une annonce ainsi conçue:
LE COMPTEUR MÉCANIQUE,—adopté par tous les ministères,—au moyen duquel on peut faire tous les calculs possibles sans le secours de la plume ni de l’intelligence.