On raconte cependant que M. Delessert avait été, dans cette circonstance, victime d’une mystification.

On aurait fait croire ce qui suit à M. le préfet de police:

Ce tournoi, où des chevaliers armés de toutes pièces devaient jouter devant les dames,—selon les us et coutumes de l’ancien temps,—cachait des desseins plus sérieux.—Un chevalier mystérieux devait être au nombre des tenants,—vêtu d’une cotte de mailles et la visière sévèrement baissée, absolument comme Richard Cœur-de-Lion dans l’Ivanhoé de Walter Scott.—Sur son bouclier aurait été écrite la devise—Déshérité.

Après que le jeune prince aurait eu vaincu tous les champions qui se seraient exposés à ses coups redoutables, tous, par un coup de théâtre, se rangeant sous ses ordres, il aurait levé la visière de son casque, et laissé voir aux spectateurs assemblés le duc de Bordeaux.

Alors, à la tête de ses fidèles chevaliers, il se serait porté sur le château des Tuileries,—en essayant de soulever le peuple.

C’est ce que, assure-t-on, on a fait croire à M. Delessert.

La mer commençait à remonter;—le soleil couchant colorait de teintes rouges et violettes le sable humide de la plage;—la mer unie et calme,—blanchie seulement sur ses bords par la marée montante,—semblait un grand manteau couleur d’aigue-marine avec une frange d’argent,—mais que signifient de pareilles comparaisons?—A quoi comparer la mer qui ne soit plus petit et moins beau qu’elle?—Elle était d’un bleu pâle et verdâtre,—du soleil à mes yeux, s’étendait sur l’eau un large sillon d’un jaune lumineux.

Le ciel,—au couchant,—entre des bandes de nuages, était du vert de certaines turquoises,—les falaises se découpaient en noir sur la mer et sur l’horizon.