Passons aux écoles. Tenez, j’ai reçu, il y a peu de temps, une lettre d’un étudiant en droit.

«Monsieur, me dit-il, arrive-t-il qu’un démocrate exalté est envoyé, à tort ou à raison, pour quelques mois à Sainte-Pélagie,—ou qu’un avocat a crié à la Chambre plus haut que de coutume,—vous voyez le lendemain dans certains journaux:—Les délégués des écoles—ou une députation des écoles—ont été ou a été complimenter, etc., etc.»

Il y a effectivement quelques centaines d’étudiants,—toujours les mêmes, qu’on voit apparaître dans toutes les exhibitions démocratiques.—Mais ils ne sont députés délégués que par leurs convictions personnelles, sans avoir reçu pour cela aucun mandat de leurs condisciples, etc., etc.

J’aime la jeunesse, parce que c’est encore ce qu’il y a de meilleur.—Quand elle fait des folies, c’est, d’ordinaire, par l’exagération de quelque sentiment généreux.—Dans dix ans d’ici, les étudiants qui sont allés complimenter MM tels et tels riront bien de cette démarche,—je n’ai pas le courage de les gourmander aujourd’hui de cette petite manie de perdre de bonnes leçons de leurs professeurs pour en aller donner de médiocres aux députés ou au roi.—Il faut se rappeler les flatteries que leur a prodiguées ledit roi, il y a onze ans.—Il est juste qu’il subisse aujourd’hui l’importance qu’il leur a donnée alors.

Nous n’avons plus à parler que des gardes nationales.—On a licencié la garde nationale de Toulouse; la première qui lui a envoyé une adresse de félicitations a été également licenciée.—J’ai d’abord cru que c’était cela qui amorçait les autres, et que c’était l’ennui de monter la garde qui poussait les gens à de semblables manifestations.—Je vous avouerai même, mon voisin,—que je méditais une protestation plus verte, plus boursouflée, plus subversive, plus louangeuse à l’égard des gardes nationales de Toulouse,—qu’aucune que vous ayez jamais lue,—ne voulant rien négliger pour arriver à un tel résultat;—mais on ne continue pas à licencier,—parce qu’on a sans doute découvert le véritable nombre des nombres considérables de signatures qui couvraient ces adresses.—J’ai donc ajourné la mienne.

En mentionnant que certaines adresses et certaines protestations étaient couvertes des signatures des citoyens les plus honorables, les organes du parti démocratique ont avoué qu’ils ne donnaient pas la même importance à toutes les adhésions; ils admettront donc qu’on constate que quelques-uns des signataires n’ont pas toutes les lumières désirables pour que leur opinion sur quoi que ce soit ait une grande valeur,—puisqu’ils ont signé de leur croix, ne sachant écrire.