Je ne parle que pour mémoire du renvoi par la cour royale de Montpellier devant la cour d’assises de l’Aude de MM. V*** et Guizard, cordonnier, pour avoir couvert une protestation de ce genre, en faveur de la réforme électorale, d’un nombre considérable de signatures honorables—mais fausses.
Mon cher voisin, ces protestations, ces adresses, etc., sont, pour la plupart, envoyées toutes faites de Paris aux villes qui en demandent ou qui n’en demandent pas,—absolument comme faisaient, sous la Restauration, les hommes aujourd’hui au pouvoir; et bien des villes apprennent seulement par les journaux et avec un grand étonnement qu’elles sont livrées au trouble et à la discorde. Des commis voyageurs spéciaux colportent les listes et récoltent des signatures,—s’attachant plus au nombre qu’à une importance qu’il est difficile de discuter vu la distance,—toujours comme faisait, sous la Restauration, le parti libéral aujourd’hui aux affaires. Il a à subir les manœuvres qu’il a imaginées,—il les connaît pour les avoir pratiquées quinze ans; il aura donc plus de facilité pour se défendre,—mais il n’a guère le droit de se plaindre.
Mon voisin se leva, me serra la main et partit un peu rassuré,—me laissant occupé à regarder s’allumer les étoiles.
Quand un fameux ministre disait:—Laissez, laissez, qu’ils chantent, ils payeront,—c’est que de son temps ce n’était pas la Marseillaise qu’on chantait.
Quand M. Rossi a été nommé pair de France, quelqu’un a écrit à un de ses cousins: «Cette nomination a dû vous causer une grande joie; car moi, qui ne suis ni son parent, ni son ami, j’ai failli en mourir de rire.»
Comme on parlait, devant l’archevêque de Paris, du duel, que certains tribunaux condamnent et que d’autres acquittent,—monseigneur Ollivier, évêque d’Évreux, dont on connaît l’impétuosité, eut l’indiscrétion de dire à monseigneur Affre:—«Mais enfin, monsieur, si on vous donnait un soufflet, que feriez-vous?—Monsieur, répondit l’archevêque de Paris, je sais bien ce que je devrais faire, mais je ne sais pas ce que je ferais.»