A moins cependant que ce ne soit votre obéissant serviteur Alphonse Karr.

C’est ce qui a fait le succès de cette énorme chose appelée gouvernement représentatif;—certes, on siffle de temps en temps certains acteurs, mais on ne siffle pas leurs rôles,—parce qu’on ne siffle les acteurs que pour les remplacer,—et surtout on ne siffle pas la pièce parce qu’on y joue un rôle et parce qu’on aspire à en jouer successivement plusieurs autres.

En un mot, le gouvernement représentatif n’a eu qu’une adresse et un esprit, c’est de faire de lui-même une poêle dont la queue est assez longue pour que chacun la tienne un peu.

UN TRAIT D’ESPRIT DU PRÉFET DE POLICE.—Je ne suis pas fort craintif, mais il y a une terreur dont je n’ai jamais pu triompher: c’est celle que m’inspire la pensée d’être mordu par un chien enragé.—Certes, j’ai eu un chien appelé Freyschütz, que j’aimais beaucoup, quoiqu’il ne m’aimât guère que comme on aime le bifteck, ainsi qu’il l’a prouvé en me dévorant deux fois;—ce qui fait que l’auteur des Guêpes n’est que le restant de deux soupers de cette énorme bête féroce.—Eh bien! mes amis ont pu m’entendre dire souvent que, malgré les craintes que je ressentais pour la conservation de Freyschütz, qui ne souffrait pas qu’on le muselât,—je n’élèverais pas la moindre plainte s’il était quelque jour victime de quelque mesure de police contre les chiens.

Pendant bien des années on s’est contenté de jeter dans les tas d’ordures des boulettes de viande empoisonnée.

Ce système était insuffisant pour deux raisons:

Première raison.—Des tombereaux parcouraient la ville dès l’aube du jour, et enlevaient les boulettes avec les ordures.