Une chose digne de quelque remarque pour les esprits justes et amis du vrai,—c’est que cette même époque où on prodigue tant d’injures au souverain et à tout ce qui l’approche—est également celle où l’on adresse aux princes les flatteries les plus ridicules:—cela vient de ce que ce pays est en proie à une insatiable avidité.—Il n’y a de la flatterie à l’injure que la différence qui existe entre la mendicité—et l’attaque à main armée.—Toutes deux ont le même but et ne diffèrent que par les moyens.

Ceux-là soutiennent les abus pour en profiter,—ceux-là les attaquent pour les conquérir.

Le 16 du mois d’août,—le duc d’Aumale passait à Valence avec son régiment;—M. Delacroix, maire de la ville—et député de la Drôme, crut que cela lui donnait le droit de haranguer le prince, et il en usa.—La chose fut raisonnablement longue, et M. le maire crut qu’elle se terminerait agréablement par un vivat énergique;—il s’écria, en agitant son chapeau: Vive le duc... d’Angoulême!

Ce lapsus linguæ—n’est pas sans exemples:—sous la Restauration, le maire de la ville de Tain, dans le même département, termina un discours au duc d’Angoulême par le cri de Vive l’Empereur!

Vous riez,—mais j’aurais voulu vous voir à sa place.—A cette époque, en 1815,—à Tournon (Ardèche), les mêmes autorités proclamèrent trois fois, le même jour, tour à tour Napoléon le Grand et Louis le Désiré,—en se félicitant chaque fois de l’heureux événement.

Revenons aux flatteries grotesques dont je voulais parler.—Les journaux ont fort loué le jeune duc,

D’avoir fumé des cigares;—une lettre que je reçois m’affirme que c’était une pipe.—J’accueillerai avec gratitude les renseignements qui me seront envoyés à ce sujet;

D’avoir marché sans gants;