OCTOBRE.—A. M. Augustin, du café Lyonnais, à Clermont.—Vous avez une belle position, monsieur Augustin,—je ne vous connais pas autrement,—et je ne sais si vous en userez, si vous en abuserez.—Permettez-moi, cependant, de me tourner vers votre gloire naissante, comme vers le soleil levant—et de vous dédier ce volume,—qui est le dernier de la seconde année des Guêpes, et qui contient le bilan de la France.
LA ROYAUTÉ.
Ab Jove principium.
Il n’y a plus de royauté.
Je vous défie, monsieur Augustin, de trouver au café Lyonnais un seul Français qui vous dise: «Je n’entends rien à la politique;»—tandis que vous en trouverez beaucoup qui vous avoueront qu’ils ne sont pas forts aux dominos; et qu’ils acceptent des points au billard.
(Cela vient peut-être de ce qu’au billard et aux dominos—on joue et on perd son propre argent,—tandis qu’à la politique on joue celui des autres.)
Cet homme rare que je vous demande,—cet homme qui, dis-je, n’entend rien à la politique,—vous ne le trouverez non plus dans aucune école, ni dans aucun collége,—ni dans aucun atelier.—Les Français sont naturellement si forts sur la politique, qu’ils n’ont pas besoin des études élémentaires—pour former leurs idées et leurs convictions.
Peut-être, me direz-vous ici, monsieur Augustin, que cela peut jeter quelques-uns d’entre eux dans des erreurs d’une certaine importance.
Je ne le nie pas tout à fait,—monsieur Augustin;—ainsi ils ont lu dans les journaux—que, d’après la charte, LE ROI joue le rôle que joue son buste en plâtre bronzé derrière le dos des maires,—qu’il règne et ne gouverne pas.