C’est-à-dire qu’il règne—comme une corniche règne autour d’un plafond.
Les Français n’ont pas pensé a regarder dans la charte si cela était parfaitement exact; ils auraient trouvé:
Art. 13.—Le roi est le chef suprême de l’État,—commande les forces de terre et de mer,—déclare la guerre,—fait les traités de paix, d’alliance et de commerce,—nomme à tous les emplois d’administration publique, etc.
Vous conviendrez avec moi, monsieur Augustin,—que la charte, pour laquelle tant de gens se sont fait tuer et en ont tué tant d’autres depuis quelques années,—vaut bien la peine d’être lue une petite fois dans la vie d’un homme politique,—comme l’est tout le monde;—cette ignorance ferait croire à la postérité que, comme les Égyptiens, nous avons une langue sacrée, intelligible pour les seuls initiés, et que nous avons l’habitude d’écrire les lois en hiéroglyphes.—Disons à la postérité—que la charte est écrite en langue vulgaire,—avec les vingt-quatre lettres de l’alphabet ordinaire,—et que dans les codes elle remplit, en petit texte, quatre pages d’un format à peu près semblable à celui des Guêpes.
Donc, il est parfaitement établi que, d’après la charte, le roi doit faire le mort,—que toute manifestation de sa volonté,—que toute participation aux affaires, est une violation de la charte, et un manque de foi à ses serments.
Et, si la charte paraît dire le contraire, c’est qu’elle est payée par la police.
Charte, art. 12.—La personne du roi est inviolable et sacrée, ses ministres sont responsables. Au roi seul appartient la puissance exécutive.
On dit: «La France est perdue par le gouvernement personnel,»
C’est-à-dire, la participation du roi aux affaires.—La charte, il est vrai, défend d’attaquer la personne du roi par l’art. 12;—mais, comme par l’art. 13 elle défend au roi de s’immiscer en rien dans les affaires, c’est lui qui le premier viole la charte; et, si on la viole contre lui, ce n’est qu’après qu’il l’a violée le premier contre nous.
Mais, me direz-vous, monsieur Augustin, l’art. 13 dit positivement le contraire.