Etc., etc., etc.
Les questions d’intérêt matériel trouvent la Chambre au moins inattentive et souvent déserte.
La sotte invention de la tribune, qui exige une longue habitude de la parole en public, empêche de parler les hommes spéciaux qui savent les choses, pour livrer toutes les discussions aux hommes qui ne savent rien, si ce n’est parler.
Il n’y a de suivi que les questions de ministère, c’est-à-dire celles qui ont pour but de savoir si une partie de la Chambre va entrer aux affaires, au pouvoir et au budget, sous le nom de M. Thiers, en renversant une autre partie qui tombera des affaires, du pouvoir et du budget—sous le nom de M. Guizot.
On a récemment imaginé les coalitions.—Une coalition est une alliance dans le genre d’une julienne,—ou plutôt du thé de madame Gibou;—alliance entre les partis les plus opposés,—les plus hétérogènes, qui n’ont entre eux d’autre rapport que celui de ne pas être au pouvoir; alliance qui a pour but de renverser le parti qui est au pouvoir, sauf à se disputer la place quand celui-ci sera par terre. Chacun des partis s’engage par des promesses, que celui qui, à la fin du grabuge, gagne la partie, a soin de ne pas tenir. Alors la fraction renversée vient, à son tour, se joindre à ceux qui l’ont renversée, mais n’ont pas obtenu sa place; et on renverse, à son tour, le dernier usurpateur.
Il n’y a aucune espèce de raison pour que les choses n’aillent pas toujours ainsi,—et il est moralement et matériellement impossible, depuis cette invention des coalitions, qu’un ministère vive plus d’une session sans être renversé, ou pour le moins modifié.
Si vous demandez aux grands moralistes,—en prose et en vers,—les causes de tout cela,—il vous répondront qu’il n’y a plus de croyances. N’oubliez pas, monsieur Augustin... vous savez?
LE MINISTÈRE.—L’homme qui gouverne n’est pas précisément celui qui est ministre,—c’est celui qui va l’être.—Avant le dernier ministère de M. Thiers,—il y avait six mois—(les Guêpes l’ont dénoncé en ce temps-là) qu’on n’obéissait qu’à lui, qu’il dirigeait tout, qu’il donnait des ordres aux préfets, qu’il faisait donner des croix et des places, et prononçait des destitutions.