Une nuit, madame L... fut réveillée par un bruit de pas dans sa chambre: c’était Lucien. Depuis quatre mois, elle l’attendait chaque jour, à chaque instant; elle avait cette coquette toilette de nuit d’une femme qui peut avoir besoin d’être belle.
Lucien était sombre et soucieux.
Il lui prit la main, et ne baisa pas cette main ainsi qu’il avait coutume de le faire.
—Adèle, lui dit-il, je suis triste, malheureux, désespéré; je viens ici pleurer, blasphémer.
—Soyez le bienvenu, dit madame L... Voulez-vous souper? Vous paraissez fatigué.
Et, de la main, elle lui montra un souper qu’elle lui préparait chaque soir, et qu’elle faisait enlever le lendemain sans murmurer.
Lucien fit signe qu’il ne voulait ni ne pouvait manger. Il paraissait embarrassé.
—Qu’avez-vous? dit madame L...; avez-vous besoin d’argent? J’en ai.
—Non, répondit Lucien.
—Je n’insiste pas, pas plus que vous n’hésiteriez; ce serait vulgaire et indigne de nous. Rappelez-vous nos conventions, et parlez. Vous êtes amoureux!