Sarah le reçut comme de coutume; chaque jour approchait le moment de leur union, sans qu’elle parût plus agitée ou plus expansive.

Elle se mit au piano et chanta d’une voix assez agréable, mais monotone et sans expression.

L’air qu’elle chantait était celui que, quelques mois auparavant, avait chanté Adèle sur la rivière.

Lucien ne put se défendre d’une sorte d’émotion; il sortit.

Lucien trouva chez lui une riche corbeille; ce qu’elle contenait était choisi avec une distinction parfaite. On n’avait pas oublié, dans le choix des couleurs, que Sarah était blonde.

Le jour des noces était fixé à trois semaines. Le lendemain, un homme d’affaires devait venir communiquer à Lucien les clauses du contrat.

Le soir, il ne trouva pas Sarah au salon; et, plusieurs portes étant entr’ouvertes, il entra successivement dans plusieurs pièces, et trouva Sarah dans sa chambre.

Elle devint rouge comme une cerise. C’était la seconde émotion que Lucien eût jamais surprise sur son visage.

La première avait été une émotion de confusion et d’impatience, à propos d’une opinion que Lucien avait émise un peu légèrement, relativement à des confitures qu’elle avait pris plaisir à confectionner elle-même.

Cette seconde était une émotion un peu plus forte; mais elle avait à peu près les mêmes causes, un mélange de confusion et d’impatience.