—Mais, dit Lucien, mes papiers... et mes meubles?

—Tout cela est transporté, et votre chambre de là-haut est déjà louée.

Lucien croyait rêver... Il alla au nº 15, où on l’introduisit dans un appartement complet, meublé avec la plus grande élégance et le meilleur goût; rien n’y manquait: les choses utiles n’y étaient pas plus négligées que les choses d’agrément. On voyait que le soin de cet ameublement n’avait pas été confié entièrement à la routine du tapissier.

Lucien se coucha dans un excellent lit, où il ne dormit pas: non qu’il se piquât de coucher sur la dure; mais, préoccupé à la fois de son mariage et des mystérieux bienfaits de son oncle, il avait incontestablement autant de droits à l’insomnie qu’un poëte qui cherche une rime rebelle ou une pensée fugitive.

Le lendemain matin, il reçut une lettre d’Adèle; la lettre ne contenait que ce peu de mots:

«Je vais faire un voyage de quelques mois.»

—Pauvre Adèle! dit Lucien, elle aura appris mon mariage... Allons, allons, dit-il, n’admettons aucune idée triste; c’est bien assez d’avoir des idées graves.

Il se mit à son nouveau secrétaire, trouva dans les tiroirs tout ce qu’il fallait pour écrire, et commença pour son oncle une lettre de remercîments.

Il avait déjà mis en haut du papier: «Mon cher oncle.»

Il s’aperçut qu’il était tard, et laissa sa lettre inachevée pour se rendre chez Sarah.