—Je serai marié dans deux heures.

—Je le sais encore; j’irai à l’église, et personne ne priera avec plus de ferveur pour votre félicité.

—Adèle, dites-moi la vérité; vous voudriez en vain me la cacher, je sais tout. C’est vous qui avez loué et meublé le logement que j’occupe aujourd’hui; c’est vous qui m’avez envoyé un contrat de rente au porteur; c’est vous qui m’avez fait remettre une riche corbeille.

Adèle baissa la tête.

—Vous êtes restée pauvre, continua Lucien, pour me faire riche et me donner les moyens d’épouser une autre femme.

—Je ne suis pas pauvre, dit Adèle à demi-voix; j’ai assuré l’existence de ma mère; j’ai gardé ma maison à la campagne, et tout ce dont j’ai besoin.

Lucien ouvrit la porte et appela; un homme entra, porteur de la corbeille destinée à Sarah.

—Adèle, dit Lucien, habillez-vous; car c’est vous que j’épouse, c’est vous qui serez ma femme dans deux heures. On nous attend à la mairie et à l’église.

Adèle tomba à genoux à demi morte.

—Habillez-vous, mon Adèle, dit Lucien en la relevant et en la serrant sur sa poitrine; tout est prêt. J’ai trouvé à votre maison, et, grâce à votre mère, qui est dans ma confidence, les papiers nécessaires. Nos bans ont été publiés: tout est prêt.