—Monsieur, répliqua Bérénice à cette opinion formulée assez clairement sur la certitude du temps, le vent souffle plein est; le temps est sûr pour toute la journée.

—Bérénice, reprit Roger, avant de vous ériger ainsi en almanach, vous feriez mieux de faire rôtir mon pain.

Bérénice sortit. Roger s’étendit fort au long sur les divers défauts qui la distinguaient.

Marthe ramena la question du temps.

—La mer est calme et unie comme une glace, dit-elle.

—Il ne faut pas vous y fier, dit Roger; quoi qu’en dise Bérénice, le vent varie de l’est au sud et même au sud-ouest.

Et, en disant ces paroles, il se sentit pris d’une horrible crainte; il lui sembla voir fondre sur lui un orage plus terrible mille fois que n’en peut amener le vent du sud-ouest le plus continu et le plus violent.

Il y avait longtemps que Marthe n’était allée dans sa famille; il n’y voyait, il n’y avait rien à lui objecter, si elle en exprimait le désir: il n’y avait pas dans l’air de vent de quoi remuer les feuilles qui jonchaient les allées du jardin. Il prévint la dangereuse proposition.

—Tant mieux! dit-il; car votre sœur viendra probablement vous voir aujourd’hui, et elle aura beau temps pour la traversée du Havre.

Bérénice rentra avec une lettre qu’elle donna à sa maîtresse.