Julienne pleura d’admiration et consentit à tout. On demanda de part et d’autre les papiers au pays.

Prosper alla trouver son maître.

—Bourgeois, j’ai un service à vous demander.

—Parle.

—C’est que je vais me marier.

—Eh bien?

—Nous faisons une noce en pique-nique. Cela ne sera pas bien cher, pour ma part. Mais une chose me chiffonne, c’est que je n’ai pas d’habit, vous seriez bien aimable de m’en prêter un.

Le bourgeois consent. La noce se fait à la barrière. On danse, on boit; un cousin conduit la mariée chez elle; le marié va sortir; on l’arrête; tout n’est pas payé. Quelqu’un, traître aux conditions du pique-nique, s’en est allé clandestinement. On ne veut pas laisser aller Prosper; il laisse en gage l’habit du bourgeois. Trois jours après, il va à l’ouvrage en manches de chemise. Le bourgeois réclame son habit. Il est forcé d’avancer à Prosper l’argent pour aller le retirer.

Au bout d’un mois, le ménage va au plus mal; il trouve déjà que sa femme ne gagne pas assez d’argent. La petite fille à laquelle il devait servir de père mange trop: il lui fait nettoyer ses souliers. Sa Julienne, dont le nom était si joli un mois auparavant, est ironiquement appelée madame Potage.

Un jour, il arrive à l’atelier et dit: