D’autre part, pour donner à des prix si singulièrement abaissés les objets de luxe, il faut que le prix de fabrication en soit extrêmement peu payé aux ouvriers. De telle sorte qu’en même temps que l’ouvrier paye le pain plus cher, on lui diminue son salaire, et que ses besoins augmentent en même temps que ses ressources diminuent.

La ville de Paris vient de donner un bon et bel exemple; elle vient, au moyen d’une somme importante, d’assurer aux ouvriers et aux pauvres, pour toute la durée de l’hiver, le pain à un prix modéré.

Si j’étais roi de France, je demanderais aux Chambres une loi ainsi conçue:

«En aucun cas, le pain ne pourra jamais coûter plus de quatre sous la livre dans toute la France.»

Le budget s’arrangerait pour combler la différence dans les mauvaises années. Dans ces années-là aussi, le roi s’inscrirait le premier sur une liste de souscription, pour subvenir aux frais de cet acte de vraie philanthropie.

Une autre impression que donne l’aspect de ces boutiques de chiffons, c’est de voir de grands jeunes gens pleins de santé et de vigueur occupés à plier, à déplier et à replier des châles et à vendre des rubans.

Ce métier devrait être réservé aux femmes, qui n’ont presque aucun moyen de gagner leur vie.

Ce n’est pas beaucoup de compter que trois mille hommes sont occupés dans Paris à ce métier usurpé, et remplissent les fonctions de filles de boutique.

Si l’on rendait ces grands gaillards à l’agriculture ou à l’armée, cela ferait trois mille filles ou veuves arrachées à la prostitution, au suicide.

Il me semble que cela vaudrait la peine qu’on s’en occupât.