On lui présenta une bague, et il dit deux mots qui se trouvèrent écrits dans la bague.

Comme on le laissait un peu seul, je m’approchai de lui et lui livrai ma main; il toucha une bague que je porte, et me dit:

—Cette bague vous a été donnée par une personne qui est morte. Est-ce une femme? ajouta-t-il.

—Non.

—Alors c’est votre père.

Je sentis un froid à la racine des cheveux, et je ne lui fis plus de question. Comme je m’éloignais, il ajouta:

—S’il n’y avait pas de monde, j’aurais quelque chose à vous dire.

Je ne l’ai pas revu.

Un jour, j’assistai à une séance de magnétisme chez M. Lafontaine.

Il amena une jeune servante et l’endormit. M. Lafontaine annonça qu’il ne s’agissait pas de montrer de la lucidité, mais de l’insensibilité; en un mot, de provoquer à volonté un état de catalepsie pendant lequel le sujet pourrait souffrir les opérations les plus douloureuses, non seulement sans s’en apercevoir, mais encore sans en garder ensuite le moindre souvenir. Il magnétisa les bras et les jambes de la jeune fille, qu’il appelait Marie; ses bras et ses jambes prirent une grande rigidité. J’essayai de faire fléchir les bras; mais il me sembla que je risquais de les casser.