Du reste, on a présenté avec raison le gouvernement des abeilles comme le modèle de la meilleure monarchie qui puisse exister; mais on a eu tort de leur prêter des lois et un code, des juges, des avocats, des gendarmes.

Ce qui fait l'excellence de ce gouvernement, c'est que les abeilles n'ont rien de tout cela, et c'est qu'elles n'en ont pas besoin, parce que chacune a son rôle à jouer et ne songe pas à en jouer un autre; parce que les ouvrières ne rêvent pas de devenir bourdons, et que les bourdons n'intriguent pas pour passer reines.

Tandis que les sociétés humaines seront toujours remplies de perturbations et de misères, elles sont un concert où chaque instrument veut se faire entendre par-dessus les autres, et où aucun ne veut se renfermer dans sa partie, ce qui doit produire, et produit en effet, un immense charivari.

LETTRE XXXI.

Il est malheureux que je n'aie plus là mon jeune savant. Il y a dans une églogue de Virgile, la troisième, si je ne me trompe, des énigmes que se proposent deux bergers; l'un dit à l'autre:

Dic quibus in terris...
Tres pateat cœli spatium non ampliùs ulnas.

A quoi l'autre répond sans deviner l'énigme: