—Mais il ravage mon jardin!

Je me lève en toute hâte. Edmond me suit après avoir fini de manger ce qu'il avait sur son assiette, en disant à demi-voix: «c'est étonnant, ordinairement il ne marche que dans les allées.» Au jardin, nous entendons une course effrénée à travers des massifs de fleurs: un chat sort le premier; il est suivi, à peu de distance, par un grand chien qu'Edmond appelle inutilement; le chat pénètre dans un autre massif, Phanor y entre presqu'en même temps que lui.

—Cela ne m'étonne plus, dit Edmond, il ne peut pas souffrir les chats. Phanor, Phanor, ici!

Le chat a franchi un mur; Phanor reste au pied de la muraille. Enfin il revient à la voix de son maître; mais comme il voit qu'il va être battu, il recule et s'enfuit.

—Au nom du ciel, Edmond, prenez votre chien, il va briser mes plus beaux rosiers.

—Phanor, ici!

—Mais vous lui montrez votre canne, il ne viendra pas.

—Il faudra bien qu'il vienne. Phanor, ici; ici, Phanor!

—Ne le menacez plus et appelez-le.

—Il faut bien que je le corrige. Ici, Phanor!