—Mais vous le corrigerez quand vous le tiendrez.
—Non, non; il faut qu'il vienne tout en voyant la canne. Oh! moi, je ne passe rien aux chiens. Phanor, ici Phanor!
Le chien fait quelques pas pour revenir à son maître; mais, à l'aspect du bâton, il prend encore la fuite. Il vient un moment où Edmond entre dans une telle fureur, qu'il lance sa canne au chien qui se sauve. La canne brise la tête d'un lis en fleur. Edmond poursuit le chien absolument comme le chien poursuivait le chat il y a quelques instants. Tous deux marchent à l'envi à travers mes plus belles plantes. Enfin Varaï arrête le chien au passage et le saisit. Edmond se précipite sur un arbre et en arrache une branche.
Grand Dieu! mon cerisier de la Toussaint qui donne des cerises au mois d'octobre!
Il bat son chien avec la plus belle branche de mon cerisier.
«Ah! maître Phanor, je vous apprendrai à dévaster les jardins.»
Le mal est fait, et il est irréparable; je demande la grâce de Phanor, ne serait-ce que pour ne plus l'entendre crier. D'ailleurs, la branche de cerisier s'est rompue sur le dos du chien, et Dieu sait à quel arbre Edmond va s'adresser pour remplacer son arme. Voyons, Edmond, ne le battez plus, le mal est fait; d'ailleurs, il y en a peut-être moins que vous ne le pensez.
—Ce n'est pas tant pour quelques mauvais bouquets qu'il a bousculés, mon cher Stéphen; c'est parce qu'il m'a désobéi que je veux le corriger.
—Ah! je vous en prie, Edmond, ne le lâchez plus.
—Laisse, laisse, je veux voir s'il sera plus obéissant.