J'en suis encore à ma touffe de lin.
Le lin a une tige haute d'un pied, grêle et d'une couleur glauque; chaque matin il ouvre des fleurs d'un joli bleu pâle qui tombent sous l'ardeur du soleil, et qui sont, le lendemain, remplacées par d'autres.
Quelques assez gros livres ont été écrits à propos de cette question importante: Les habits des prêtres égyptiens et ceux des initiés aux mystères d'Isis étaient-ils réellement en lin ou en coton?
Les voyageurs ont jeté sur le sujet les lumières que voici:
Osbeck (Voyage aux Indes) dit que le lin est inconnu en Égypte.
Olivier (Mémoire sur l'Égypte) dit qu'on y en cultive d'immenses quantités.
La science, grâce aux voyageurs, est juste sur ce point aussi avancée qu'un habitant de la place Saint-Sulpice qui ne serait jamais allé que jusqu'au Luxembourg.
Tout à l'heure j'ai écrit ou prononcé le nom de budléïa, car il me semble toujours, dans mes lettres sans apprêt, écrites du premier jet, que je cause tranquillement au coin du feu.
J'ai connu deux amateurs de fleurs, qui étaient animés dans leur culture d'une noble et touchante émulation.
Le plaisir de l'un, en recevant une nouvelle fleur, n'était pas de voir la fleur, de suivre les progrès de sa végétation, d'admirer l'éclat de ses couleurs, de respirer son parfum, le plaisir, le vrai plaisir, c'était de la montrer à l'autre et de la lui voir tristement envier.