—Mon prodige! s'écria Ollbruck comme se réveillant tout à coup. Oui, allons le voir, et si vous n'êtes pas terrifié comme moi...
On part, on entre dans le jardin d'Ollbruck, et il nous montre... quoi!... Précisément le budleïa, le même arbrisseau que nous venions d'admirer chez Rémond.
Rémond est écrasé à son tour, car, pour lui comme pour Ollbruck, le budleïa n'a plus de prix. Qu'importe son beau feuillage qui résiste à l'hiver; qu'importe l'éclat et le parfum de ses fleurs.
On cherche à s'expliquer cette bizarre coïncidence. Tous deux sont victimes de la fourberie d'un jardinier.
Le drôle connaissant leur manie était allé les trouver l'un après l'autre; d'abord il s'était présenté chez Rémond.
—Monsieur Rémond, j'ai à vous faire voir une plante rare.
—Voyons ça.
—C'est un budleïa.
—Je ne connais pas ce nom-là.
—Je le crois bien; et vous ne connaissez pas la plante non plus; venez la voir chez moi.