Au mois de juillet, le chanvre montre des fleurs verdâtres insignifiantes, et bientôt ses graines grises arrondies dont les oiseaux sont si avides et qu'ils viennent lui arracher; c'est directement qu'on peut dire de lui:

Aux petits des oiseaux il donne la pâture.

Dès le mois de juin, les champs de lin se sont couverts de petites fleurs bleues sur des tiges grêles qui roulent sous le vent comme les vagues de la mer.

Quand tous deux jaunissent, on les arrache et on les met rouir, c'est-à-dire qu'on les plonge dans l'eau. Là, la puissance terrible qu'ils auront plus tard commence à se manifester; les poissons qui habitent l'eau, où ils sont immergés, fuient ou meurent; les hommes qui travaillent le chanvre et le lin, sont frappés d'une toux sèche et ne vivent guère au-delà de cinquante ans.

Tous deux continueront leurs incarnations plus nombreuses que celles de Vitznou qui en a eu cependant un grand nombre.

Le chanvre et le lin sont métamorphosés en fil.

Le chanvre devient des cordages pour remorquer les bateaux dans les rivières, et de la ficelle pour les toupies et pour les cerfs-volants des enfants.

Mais quelle foule avide et curieuse se précipite par les rues? Un homme pâle et les yeux fixes se dirige, escorté par des soldats, vers la place publique, on le livre au bourreau qui lui passe au col une corde de chanvre et le lance dans l'éternité.

Et ici, comme de temps en temps, quelques croyants reconnaissent le Dieu. On sait avec quelle avidité les bonnes femmes se disputent les plus petits morceaux de la corde d'un pendu.

Sur la mer, de nombreux vaisseaux glissent comme de grands cygnes aux ailes étendues. Ces ailes blanches sont encore le chanvre devenu de la toile.