Vale.
LETTRE XLIII.
UN DIEU MODERNE.—Histoire philosophique et théologique du CHANVRE ET DU LIN, leurs fortunes variées depuis leur naissance jusqu'à leur apothéose.
Tout ce qu'on avait adoré jusqu'ici ayant été successivement détruit; toutes les choses auxquelles on obéissait ayant été progressivement abolies, les hommes ont songé à se créer de nouvelles croyances. «L'homme n'est pas, ainsi qu'on l'a trop dit en vers et en prose, un esclave qui aspire à briser ses fers; ce n'est qu'un domestique capricieux qui aime à changer de maître.» Jamais en politique un tyran n'a été renversé qu'au profit d'un autre plus ou moins éloigné; jamais en morale on n'a abandonné une religion que pour quelque superstition ou pour quelque croyance moins raisonnable.
On a renoncé à jamais à ces dieux immortels, on a imaginé un dieu que l'on fait tous les jours pour les besoins de la journée; un dieu tout-puissant le matin, qui trouve déjà des incrédules à midi et des impies à trois heures.
Voici la manière de le faire:
Vers la fin de mars, on sème de la graine de lin en terre légère et de la graine de chanvre en terre bien amendée.