Quand on examine ainsi la vie de toutes ces petites créatures, partagée en deux âges si distincts, on se laisse aller à de singulières rêveries: d'abord c'est un ver d'une laide forme, condamné à une vie humble, cachée, laborieuse, entouré d'ennemis. Bientôt il cesse de manger, il se file un linceul de soie et s'y enferme. Le voici aux yeux aussi mort qu'il peut l'être: mais attendez quelques jours, et de ce linceul il sort vêtu des plus riches couleurs, avec des ailes brillantes qui lui permettent de voltiger au-dessus de cette terre où il a rampé: au lieu d'une nourriture grossière, il suce le miel parfumé dans le nectaire des fleurs. Il trouve dans l'air une femelle belle et heureuse comme lui, et leurs amours ne finissent qu'avec leur existence.

Cette vie que nous menons sur la terre est-elle réellement notre état parfait? Ce que nous appelons la mort est-il réellement la fin de la vie? N'avons-nous pas aussi à prendre des ailes célestes, à planer près du soleil, au-dessus des misères, des passions, des besoins d'une première existence?

Dans le catéchisme secret des francs-maçons, il est fort parlé de l'acacia.

Un compagnon doit passer maître, le frère terrible l'introduit: le grand-maître de la loge lui fait des questions entre lesquelles il faut distinguer celles-ci:

—Quand on vous a fait voir la lumière, qu'avez-vous aperçu?

—Trois grandes lumières.

—Que signifient ces trois grandes lumières?

—Le soleil, la lune et le grand-maître de la loge.

—Combien avez-vous d'ornements dans votre loge?

—Trois: le pavé mosaïque, l'étoile flamboyante et la houppe dentelée.