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—B

—E

—N

—A

—C

Etc.

Voici ce que signifie l'accacia: au commencement de la cérémonie par laquelle le compagnon passe maître, un des maîtres présents raconte au récipiendaire ce qui suit: Adoniram était un architecte auquel Salomon avait donné à conduire les travaux de son fameux temple; le nombre des ouvriers qu'il employait et qu'il avait à payer était tel que, pour ne pas commettre d'erreur, et pour ne pas donner à un apprenti la paie de compagnon ou à un compagnon celle de maître, il convint avec chacun d'eux en particulier de mots et de signes différents pour les distinguer entre eux. Le mot de l'apprenti était Jakin; le signe qu'il avait à faire pour se faire reconnaître en prononçant ce mot consistait à porter la main droite sur l'épaule gauche, à la retirer sur la même ligne du côté droit, et la laisser retomber sur la cuisse. Le mot des compagnons était BOOZ; leur signe était de porter la main droite sur le sein droit, les quatre doigts serrés et allongés et le pouce écarté. Les maîtres, pour se faire reconnaître, disaient Jehova.

Trois compagnons imaginèrent un moyen d'avoir la paie de maîtres; ils se cachèrent dans le temple à l'heure où Adoniram faisait sa ronde de nuit; un de ces trois compagnons lui demanda le mot de maître en levant un bâton sur sa tête. Adoniram répondit qu'il ne pouvait le donner que comme il l'avait reçu, et que c'était loin d'être ainsi; le compagnon lui donna un coup de bâton; Adoniram voulut s'enfuir par une autre porte, mais il y trouva le second compagnon qui lui fit la même demande, reçut la même réponse, et lui donna un autre coup de bâton; le troisième acheva Adoniram. Ils se hâtèrent de l'enterrer; mais, pour reconnaître la place, reprendre le corps et le faire disparaître, ils plantèrent sur la terre une branche d'acacia. C'est cette branche qui fit retrouver Adoniram par les autres maîtres qui, craignant que ses assassins n'eussent tiré de lui le mot de maître, crurent opportun de le changer, et substituèrent à Jehova le mot Macbenac.

Bernardin de Saint-Pierre, qui aimait réellement les fleurs et les arbres, et qui en a souvent parlé avec un grand charme, avait adopté un point de vue qui devait souvent lui montrer les choses tout autrement qu'elles ne sont; il pensait que l'homme était le centre et le but de la création tout entière, que tout avait été fait pour lui. Il se présentait parfois des choses qu'il était bien difficile de faire entrer dans ce système adopté presque généralement, je ne sais pourquoi. Il dit quelque part que la nature n'a placé les fleurs odorantes que dans l'herbe sur des tiges basses, ou sur des arbrisseaux, mais qu'il n'en est aucune qui s'épanouisse sur un arbre élevé. Bernardin de Saint-Pierre oubliait alors l'accacia qui monte souvent à soixante ou quatre-vingts pieds. C'est ce même système qui lui faisait dire: «A la vue de l'homme les animaux sont frappés d'amour ou de crainte.» Il laissait de côté une troisième impression qu'éprouvent beaucoup d'animaux à l'aspect de l'homme; c'est la faim et l'envie de le manger.