Et les grandes passe-roses, au port noble et majestueux, comme celui des peupliers d'Italie. Il y en avait, dans le jardin des tilleuls, une touffe à fleurs jaunes, toujours remplie d'abeilles, de bourdons noirs et orange, et de grosses mouches noires avec des ailes violettes. Il me semble, quand je revois ici des passe-roses jaunes, et les mouches noires à ailes violettes, et les abeilles, et les bourdons bruns et orange, il me semble que ces choses, semblables à celles d'un autre temps, attirent les autres circonstances après elle, comme les grains d'un chapelet.
Fleurissez, fleurissez! monuments gracieux que j'élève ici à mes chers morts, à tout ce que j'ai cru, à tout ce que j'ai aimé, à tout ce que j'ai espéré, à tout ce qui a fleuri comme vous dans mon âme, à tout ce qui s'est flétri, mais pour toujours, tandis que chaque été vous revenez avec votre éclat, votre jeunesse et votre parfum.
Adieu.
LETTRE XXI.
Les aulnes, des saules de diverses sortes, des peupliers de trois, de quatre espèces, nous séparent d'un petit chemin qui conduit à la mare entourée de roseaux; là, une eau fraîche et limpide permet de voir jusqu'au fond les petites roches, et le sable et les poissons.
Il y a loin du roseau, un des premiers instruments de musique des anciens, au piano, à la flûte, au basson, à la harpe et au violon.
Il est à remarquer cependant que les miracles de la musique doivent être reportés à l'époque où les grands musiciens soufflaient dans les tuyaux d'avoine ou des tiges de roseau, ou tiraient trois cordes tendues sur une écaille de tortue.
| Ille ego qui quondam gracili modulatus avenâ... |
| Orpheus viduos sonorâ, solabatur testudine amores. |