Soyez les bienvenues.
Que vous ont dit les vents, les étoiles, les nues?
DEUXIÈME FÉE.
Tout astre est menaçant.
TROISIÈME FÉE.
Tout présage est fatal.
La lune apparaissant au ciel oriental,
Sous le nuage épais dont elle s’est voilée,
Semble une reine en deuil, épouse désolée,
Seule, errante et muette en son royal manoir,
Aux dômes assombris tendus de crêpe noir.
DEUXIÈME FÉE.
J’ai vu nos ennemis riant sous le feuillage;
Ils semblaient de quelqu’un épier le passage;
Ils disaient: Attendons, bientôt ils vont venir,
Et, par nos soins, bientôt ils vont se réunir.
Ils riaient de plus belle, et je fuyais tremblante;
Mais j’entendais l’éclat de leur voix insolente.
TROISIÈME FÉE.
Moi j’ai, sans m’arrêter, précipité mon vol.
Je n’ai pas écouté le chant du rossignol,
Qui, plus doux que jamais, s’élevait sous l’ombrage;
J’ai passé le torrent, grondant comme un orage;
Les sylphes m’appelaient et je fuyais toujours;
Les sylphides, quittant leurs odorants séjours,
Dans l’air se répandaient comme un parfum de rose;
En un cercle amoureux je me voyais enclose;
Mais toujours je fuyais, car j’entendais Néla
Qui pleurait sous le chêne, et prompte me voilà!
PREMIÈRE FÉE.