CHOEUR DES ONDINES, dans les roseaux.
Sylphes chéris, laissez les fées.
De sombres guirlandes coiffées,
Voyez-les pleurer et pâlir.
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Des fleurs couvrent nos lits de mousse.
Notre haleine aux rives si douces,
C’est la fraîche vapeur des eaux:
Nos soupirs en sont le murmure,
Qui répond, dans la nuit obscure,
Aux frémissements des roseaux.
LES FÉES, tressaillant.
Silence, silence, silence!
Esprits des airs, esprits des eaux,
Fermez l’aile, endormez les flots
Sous une magique influence.
Silence, silence, silence,
Esprits des airs, esprits des eaux!
PREMIÈRE FÉE.
Silence!.... Sur la nue, où fermente l’orage,
La lune s’élevant du brouillard se dégage;
Le vent siffle plaintif et froisse le feuillage,
L’onde gonfle ses flots écumant de fureur;
La terre tremble; l’air et les cieux s’obscurcissent;
Des chênes et des pins les branchages frémissent;
Des esprits malfaisants les appels retentissent;
Les éléments émus tressaillent de terreur.
CHŒUR DES FÉES.
Silence, silence,
Doux enfants des airs,
Car l’heure s’avance;
L’esprit de vengeance
Surgit des enfers!
PREMIÈRE FÉE.