Là bas, là bas! voyez!—Les infâmes sorcières,
Sans horreur des chrétiens osant fouiller les bières,
Sous leurs doigts décharnés réduisent en poussières
Des ossements blanchis et d’horribles lambeaux.
Écoutez, écoutez! j’entends leur chant barbare,
Les reptiles impurs, dans la fangeuse mare,
Coassent effrayés; le charme se prépare:
La chaudière a reçu les débris des tombeaux.

CHŒUR DES FÉES.

Silence, silence,
Doux enfants des airs,
Car l’heure s’avance;
L’esprit de vengeance
Surgit des enfers.

SYLPHES ET ONDINES.

Ah! fuyons, fuyons vite,
Fuyons loin de ce lieu!
Le vallon nous invite;
Ondines, sylphes, vite,
Vite, fuyons!—Adieu!

VOIX ÉPARSES ET DÉJÀ ÉLOIGNÉES.

Adieu!
Adieu!
Adieu!

PREMIÈRE FÉE, après un long silence.

Le ruisseau bouillonnant sous les bras des ondines,
Plus rapide s’enfuit,
Et l’écho faiblissant de leurs voix argentines,
A peine encore bruït;
Et dans l’air fraîchissant sous tant d’ailes errantes
Qui viennent l’agiter,
Pleines de sourds frissons, les feuilles susurrantes
Ont peur de palpiter....

(Une pause.)