»Près de ma couronne d’épine,
»Ah! viens bâtir ton logement,
»En recueillant, à la colline,
»Le brin de paille et le ciment!
»Apporte, sur ton bec fragile,
»Avec soin, le morceau d’argile;
»Dispose tes secrets outils;
»Achève ta maison de fange;
»Puis à la garde du bon ange
»Je confierai tes petits.

»Avec moi tu seras heureuse;
»Tu ne verras point le méchant
»Lancer sa pierre dangereuse
»Pour détruire ton logement;
»Au lieu de ce fatal outrage,
»Nous partagerons l’humble hommage
»Que l’on vient me rendre en ce lieu.
»Oh! toujours, ma pauvre petite,
»Bâtis ton nid, creuse ton gîte
»Sur la croix même du bon Dieu.»

Et l’obéissante hirondelle,
A ce tendre avis du Seigneur,
De plaisir secoua son aile
Et tressaillit d’un saint bonheur.
Depuis, sur la couronne auguste
Qui ceint le front de l’homme juste,
L’oiseau se plaît à se poser;
Alors, perché sur cette branche,
Il prodigue à l’épine blanche
De son amour le doux baiser.

Pour faire connaître l’homme plus particulièrement, après ces citations poétiques, j’ajouterai: Le dimanche est un jour que Pélabon consacre tout entier à l’Église; il a un goût extraordinaire pour le chant des offices divins. Dieu lui a donné un peu de voix et il l’emploie à ce service. Il ne fréquente que les humbles chapelles, telles que la maison de charité où sont les pauvres vieillards indigents, les enfants trouvés, les orphelins et orphelines, ou le Saint-Esprit, qui est l’hôpital civil.

La vie ordinaire a toujours une grande influence sur les compositions des Poètes du peuple.

JACQUES JASMIN,
Coiffeur à Agen.