en grant doulleur doresnauant iray
pourquoy je crains quen grant merencolie
en fin fauldra que jen perde la uie.»
On voit que l’orthographe de du Guez, venu trop tôt pour s’inspirer de l’exubérance de lettres qui, à partir de la Renaissance jusqu’à la fin du XVIIe siècle, s’est montrée dans l’écriture, est demeurée presque aussi sobre que l’est devenue aujourd’hui la nôtre.
Fr. Génin croit que le livre de du Guez n’a été publié qu’après l’ouvrage de Palsgrave qui suit.
Jehan Palsgrave. Lesclarcissement de la langue francoyse, compose par maistre Iehan Palsgrave Angloys, natyf de Londres et gradue de Paris. Neque luna per noctem. Anno uerbi incarnati M.D.xxx (avec privilége de 1531). (A la fin:) The imprintyng fynysshed by Iohann Haukyns the XVIII daye of Iuly. The yere of our lorde God. Mccccc and XXX. In-fol. goth.
Ce second ouvrage, bien plus important, est dédié à Henri VIII. Dans sa préface l’auteur dit s’être conformé pour le plan de son livre à celui de la Grammaire grecque de Théodore de Gaza. Par les exemples qu’il donne et par l’accent tonique qu’il place sur les voyelles, on voit que sa prononciation différait notablement de la nôtre et qu’elle était parfois beaucoup moins douce. Voici comment il marque pour un lecteur anglais la prononciation des vers qui commencent le Roman de la Rose:
Maintes gentes dient que en songes
Máinto jan díet kan sóungos
Ne sont que fábles et mensonges