[144] C’est ainsi que les Grecs font emploi du ν euphonique ἐστὶ, ἐστὶν.
[145] Cette prononciation devait être celle de la Gascogne.
Dans la suite de cet avis à l’imprimeur, Montaigne donne des instructions pour la ponctuation, pour l’emploi des lettres majuscules, qu’il réserve seulement aux noms propres; pour les dates, à mettre en toutes lettres et sans chiffres, et pour l’espacement des mots, etc.
Montaigne écrit ainsi les mots: come, differant (adj.), comancemans (au pluriel), lexamplere, lorthografe, imprimur, aus (aux), stile, deus (deux), paranthese, aueq. Dans beaucoup de mots il a devancé son époque, où l’on écrivait escript.
Par la manière dont il orthographie ces mots: come, home et fame, differant (adjectif), comancemans, paranthese, on voit qu’il voulait qu’on imprimât son livre d’une manière plus conforme à la prononciation;
Qu’il remplaçait dans les pluriels l’x par le s: aus, deus;
Qu’il simplifiait l’orthographe dans examplere, stile, ortographe;
Enfin que pour les mots monstre, monstrer, cest, pronom démonstratif, reigle, la correction qu’il indiquait a été adoptée par l’Académie.
Le manuscrit original déposé à la bibliothèque de Bordeaux, qu’un de mes amis vient d’y consulter, est écrit dans le même système: la suppression des doubles lettres inutiles, et l’emploi de l’a substitué à l’e, pour conformer l’écriture à la prononciation. (Voir [App. E].)
De Palliot, secrétaire ordinaire de la chambre du Roy. Le vray Orthographe françois, contenant les reigles et preceptes infaillibles pour se rendre certain, correct et parfaict à bien parler françois. Paris, Nicolas Rousset, 1608 (priv. du 24 avril 1600), in-4 oblong de 35 ff. chiff. et 1 f. pour le privil.