En relatant cette classification, le savant philologue M. Dübner s’écriait: «Pour la langue maternelle et dans les lycées impériaux, six années d’exercices de grammaire et d’orthographe avant de pouvoir être admis, dans une septième année d’étude, à composer des lettres d’un genre simple!»
Émile Negrin. Grammaire française des gens du monde. Édition princeps. Nice, 1864, in-8 de 116 pp.—De la fixation de la langue française à propos de l’instruction primaire rendue obligatoire. Nice, Caisson et Mignon, mars 1865, in-16 de 39 pp.
«La France a 36 millions d’habitants. Sur ce nombre, 35 millions 500 mille ne soupçonnent pas même l’existence du grec; les autres, dans leur jeune âge, à force de fatiguer les dictionnaires, sont parvenus à comprendre tout le contraire de ce qu’ont dit Démosthènes et Platon; dix à douze savants lisent le grec à livre ouvert. Eh bien! c’est pour faire plaisir à cette douzaine de citoyens que notre langue est grevée du rh, du th et du ph.
«Aussi, c’est ordinairement à ces trois signes composés que s’en prennent les détracteurs du français.
«Certes, je suis loin de blâmer ces derniers. Il est évident que les personnes lettrées d’Italie, d’Espagne, de Portugal et de tant d’autres pays, savent comme nous que philosophie vient de φιλοσοφία et cependant elles ont le bon esprit d’écrire filosofo; nous-mêmes, en dépit du φ originaire, nous avons déjà commencé à écrire, flegme, flegmon, flegmatique, etc.; et je battrai des pieds et des mains le jour où l’Académie agira partout avec le même «flegme».
«Cependant le mal n’est pas si grand, car il suffit de prévenir les étrangers que rh vaut r, th vaut t, et ph vaut f; c’est une fausse richesse, voilà tout.
«Deux signes pour le même son ne sont que superflus; deux sons avec le même signe sont un véritable malheur.
«La dernière lettre h sert à empêcher les liaisons en tête des mots:
le héros, les haricots, le homar.
«On a toujours eu tort de dire qu’elle marque l’aspiration. L’aspiration n’existe pas dans notre langue.