«Total: 22 lettres différentes et 5 signes modificateurs (u, n, g, , .). On devra, pour l’impression, faire fondre des lettres à liaison continue pour an, èn, in, eu, , un, on, ou, , gn, ch, afin de leur restituer l’apparence de signes uniques.

«Les lettres éliminées c, k, x, y, w, devront être maintenues pendant un certain temps pour l’écriture des noms propres.

«Le signe gn, ayant aujourd’hui deux valeurs phonétiques (nieu et guene, dont la dernière n’appartient pas à l’alphabet en sa qualité de diphthongue), sera uniquement affecté au son de n mouillé (campagne), ce qui le distinguera clairement du double son guene, qui s’écrira gen (Agnès, Agnès; gnomon, genomon).

Le signe binaire ll se trouvant dans le même cas, et la juxtaposition de l’i ne suffisant pas à distinguer ses deux valeurs phonétiques, représentera uniquement le l redoublé dur (illicite, illimité, ville). Le l mouillé (dans fille, bille) qui, en sa qualité de monophone, fait réellement partie de l’alphabet, sera représenté par un l pointé en-dessous, afin que la typographie n’ait point de signe nouveau à créer, puisqu’un j renversé remplira parfaitement le but.

L’auteur termine ce supplément par quelques exemples de la nouvelle orthographe, que les phonographes intitulent réforme scripturale

Orthographe actuelle. Phonographie. Orthographe actuelle. Phonographie.
physique fiziqe hennir anir
philosophie filozofie prompt pron
rhythme ritme fille fiḷe
chronique qroniqe illettré illétré
chrétien qrétièn homme ome
ichthyologie iqtiolojie femme fame
harangue arange catarrhe qatare
théophilanthropie téofilantropie Jeanne jane
accueillir aqeuḷir hasard azar
quand qan quincaillier qènqaḷé
heureux eureu hygiène ijiène
temps tan agneau agnô
oiseau ouazô gnomon genomon
quiproquo qiproqo hareng aran
haïr air

«L’ignoranse du vouazèn è t un danjé q’on devrè qonȷuré, ne fuse qe par égoizme, qome on va ô seqour de sa mèzon qan t èle brule.» (Jules Macé.)

«Lè jeune z èntelliȷanse son qome dè bouton de fleur qe lon orè plonjé dan lô boụlante; èle z on perdu leur forse vitale dan le chôdron fuman de la moderne éduqasion.» (A. de Humboldt.)

«Tan qe l’iȷiène publiqe é la morale universèle ne seron pa sérieuzeman t anségnée dan toute lè z éqole primère, le flô du mal montera toujour.» (Raoux.)

Cette écriture, ainsi dépouillée des signes nouveaux que l’auteur avait proposés dans le corps de son livre, ressemble beaucoup à celle que M. Marle avait adoptée en 1829 dans son Appel aux Français. Elle offre les mêmes avantages et encourt les mêmes reproches, sur lesquels il me semble inutile de revenir.