V.

Aux Délices, 18 avril.

«Ce ne sont pas aujourdui des liturgies que je vous envoie, mon cher philosofe, ce sont trois brochures de la relligion vangée, comme elle doit l’être par Bertier et consorts. Je vous prie instament de vouloir bien faire rendre à Briasson ce libelle dont je n’ay a me reprocher que d’auoir lu la première page.

«Vos articles de l’Enciclopedie seront l’ecole de la posterité. Tout ce qui est de philosofie nouvelle dans ce dictionaire est admirable, du moins tout ce que jen ai lu.»V.

Au Chene, par Lausane, 1er septembre.

«Manne me parait assez bon quoy qu’un peu rabiniste. Je crois que les philosofes et les curieux pouront etre contants de l’article. Cependant un bon apoticaire en eut dit davantage, et aurait demontré apoticairement la superiorité de manne grasse sur manne maigre.

«Mon tres-cher philosofe, je suis fort faché d’être à Lausane au milieu des platras quand votre teologal est à Geneve. On dit que vous pouriez bien revoir le lac cet hiver, vous savez si je le souhaitte; nous vous donnerions la comédie à Lausane. Amenes M. Didrot et nous luy jouerons son Fils naturel.

«Pouriez-vous, si jamais vous aviez du temps, me dire si vous voiez Mme du Deffant, pouriez-vous luy dire que je pense toujourz a elle quoyque je ne luy écrive point? Pouriez-vous faire mes compliments au P. Henaut?»

Interim vale. V.

Aux Délices, 15 décembre (1756-60).