- Ton: intonation, monotone, tonalité, tonique.
- Ton: détonner, entonner.
- Tonner: détonation, détoner.
- Tonner: tonnerre, tonnant.
Aucun de ces dérivés de mots terminés en on ne devrait être écrit avec double n; on n’en met pas à ceux qui dérivent de noms terminés en in: dessin, dessiner, destin et destiner; non plus à ceux qui se terminent en un: importun, importuner; ni à ceux qui se terminent en an: plan, planer, esplanade.
Quant aux mots terminés en ion, excepté nation et confession, septentrion, qui ne doublent pas le n dans leurs dérivés, national, nationalité, confessional, septentrional, les autres doublent la consonne dans leurs composés, et cela sans aucun motif. Tels sont les mots suivants, au nombre de 39:
Action, addition, affection, caution, cession, collation, commission, concussion, condition, confession, constitution, convention, correction, démission, diction, division, espion, fraction, friction, intention, légion, mention, million, mission, occasion, pardon, pension, perfection, pétition, proportion, question, ration, religion, sanction, soumission, station, subvention, tradition, vision.
Pourquoi, en effet, écrire actionner, actionnaire, concessionnaire, constitutionnel, constitutionnalité, constitutionnellement, dictionnaire, etc.? ces mots ne sont-ils pas déjà assez longs à écrire sans y mettre le double n qui ne se prononce pas?
Il est aussi d’autres mots où le double n devrait être supprimé, et même conformément à l’étymologie, comme dans: honneur (honor, puisqu’on écrit honorer), donner (donare: on écrit donation), monnaie (moneta), sonner, résonner (sonare, resonare), légionnaire (legionarius), rationnel (rationalis), couronne (corona), personne (persona)[52].
[52] Dans tous ces mots l’orthographe française est en perpétuelle contradiction avec la quantité latine: