honneurhŏnŏrpersonnepērsōna
donnerdōnārelégionnairelĕgĭōnāriŭs
ennemiĭnĭmīcūsrationnelrătĭōnālis
monnaiemŏnētacouronnecŏrōna
sonnersŏnārerésonnantrĕsŏnāns

L’Académie figure avec raison la désinence ame tantôt avec un m et tantôt avec deux m, lorsque la prononciation l’exige. Mais flamme (que Corneille écrivait flame) ne devrait conserver qu’un seul m; et puisque l’Académie écrit affame[53], entame, réclame, diffame, elle ne saurait écrire enflamme; flame et enflame exigeraient même un â circonflexe comme infâme, blâme, et j’ai vu flâme ainsi écrit par Racine.

[53] Les seuls mots où le m est doublé et doit l’être, puisque la désinence est en e muet sont: anagramme, épigramme, femme, flamme, homme, gramme, et les composés avec ce mot, programme; mais les verbes assommer, consommer, nommer, dénommer, surnommer, renommer ne doivent prendre qu’un m de même qu’on écrit consumer.

Dans évidemment, prudemment, le double m ne se prononce pas; cependant il faut le conserver, ne fût-ce que pour éviter la confusion avec évidement (de évider)[54], et prudement (de prude).

[54] Il serait préférable d’écrire évidament, de même que Bossuet écrit contantement.

Tous les mots terminés en ime et ume sont écrits avec un seul m.

Le double r devrait être conservé partout où il se fait sentir: correcteur, correction, correct, terreur, horreur. Mais il doit être supprimé dans charrue, puisqu’on écrit chariot, dans nourrice, nourriture, nourrir, pourrir, puisqu’on écrit mourir et courir (bien qu’en latin currere ait deux r)[55], et c’est à tort que l’on écrit par deux r je pourrai.

[55] Ces deux verbes par exception prennent deux r au futur et au conditionnel, je courrai, je mourrai, par la contraction de l’i, puisqu’on n’écrit pas ces mots comme on écrit je pourrirai, je nourrirai.

L’Académie adopte coreligionnaire et codonataire; elle devrait écrire de même corespondant.

Le lierre devrait n’être écrit qu’avec un seul r, comme l’ont fait Henri Estienne et Ronsard, et suivant l’étymologie, l’hière (hedera)[56].