balansbrebis ballangabanlieue
balatrojougleur (sic) balsamatusenbasmes, oins de basme
balberebesguier baptismaliterpar baptême
balbescereidem. bapteriumbaton
balbiterbesguement baratrolecherres
balbultiabesguerie barbariusbarbier
balbutiensbesgans barbarizarefaire cruelment
balbutiesbesguetes, baubetes, parlers de petis enfans. barcariusqui fait barges, nefs ou qui les gouverne
baleariusgetteur à la tandesle ou abalestrier baronissabaronneresse
baleatorgetteur à la tandesle ou abalestrier basiliscagencienne
balestrumabalestre, a Balin (gr.) dicitur batillumenchensoir
balestraretraire aucune chose dabalestre ou ferir de balestre beatificenciaeureusetes (felicitas)
balestratusgettes, trais ou ferus de trait d’abalestre bellacitasbataille
balneatiobaignemens bellaciterbateilleusement
ballarepeser à balanche, balanchier bellicatorbateilleur, combateur
ballugabalanche bellificarefaire bataille, bateiller, combatre

Je dois à l’obligeance de MM. les Conservateurs de la Bibliothèque impériale la communication de deux anciens glossaires manuscrits, l’un français-latin (no 7684 f. 1.); l’autre latin-français (no 7679), dont Du Cange s’était servi pour son beau Glossarium mediæ et infimæ latinitatis; leur nomenclature, très-sèche, est moitié moins considérable que celle du ms. Le Ver. J’ai essayé de comparer l’orthographe et le mode de composition de certains mots, la plupart de formation récente, dans la première moitié du XVe siècle, à leurs formes respectives dans la seconde moitié et à la fin de ce même siècle ou au commencement du suivant.

Mots latins avec le français actuel. Firmin Le Ver, Dictionarius latino-gallicus, 1420-1440. Glossarium gallico-lat., script. XVesæc. Il est de la 2e moitié du s. (Bibl. Imp. Ms. 7684.) Gloss. lat.-gall, XVe s., script. XVIe s. Cod. Bigotianus. (B. Imp. Ms. 7679.)
bivium (carrefour) quarrefour carfourt (double voie)
ager (champ) champ champt champs
candelabrum (chandelier) chandelier chandellier chandelier
bubo (chat-huant) chuette, cahuhan (oisel) chouen (certain oisel)
biga (charrette) charette a ii roues et a ii chevaus charrete charette
cruca, curculio (chenille) chatepeleuse, catepeleuse chatepelouse »
calidus (chaud) chaut chault, chaut »
vespertilio (chauve-souris) chauvesoris chauvesouris chauve souris
captivitas (captivité) chetivetes ou prison cheitivité chetivité
comosus (chevelu) qui ha grans cheveus cheveleulx, grans cheveux de fames »
capsa (coffre) casse, coffre, escrin cofre casse
convalescentia (convalescence) convalescence, sanité, forche, poissance, vaillanche » »
columba
columna
} (colombe) { femelle de coulon,
coulombe
} coulumbe, colombe »
convenientia (convenance) convenabletes convenablete, convenance »
bufo (crapaud) crapaut crapaust crapoult
crux (croix) crois » croais
mandibula (mâchoire) machoire machouere machoere
infelicitas (malheur) mal eurtes malourete »
infaustus (malheureux) mal eureux mal eureux mallereux
malefactum (méfait) maufait (malefactio-malefaisson) maufait »
malefaciens
malefactor
} (malfaiteur) mal faisans { maufaisant,
maufaitteur
} mal faisant
malivolus (malveillant) mal veullans mal veillant malvelant
melancolia (mélancolie) melencolie, une des iiij humeurs melencolie »
tabanus (taon) tahon taan, taon thaon

Il régnait encore une grande simplicité orthographique dans le cours du XVe siècle et au commencement du XVIe. Le latin lui-même, dans les mots qu’il avait empruntés au grec, obéissait à cette répugnance, j’allais dire à cette horreur, naturelle au génie français, pour les doubles, les triples et les quadruples consonnes. L’introduction, non plus partielle mais générale, dans notre langue de lettres parasites signale le milieu du XVIe siècle; elle est due aux tendances gréco-latines mal dirigées que nous allons voir se développer successivement dans les glossaires publiés au premier siècle de l’imprimerie.

J’arrive maintenant à la série des glossaires imprimés. Il m’a été impossible de me procurer le titre exact du Dictionnaire latin-français, imprimé à Genève, en 1487, par Loys Garbin, et cité par M. Diez.

La table étendue que Génin a jointe à la grande Grammaire de Palsgrave pourrait, jusqu’à un certain point, tenir lieu d’un de ces recueils alphabétiques ou vocabulaires, si écourtés, qu’on publiait en latin avec le mot français correspondant, au commencement du XVIe siècle. Bien que le travail original de Palsgrave n’ait paru à Londres qu’en 1531, on reconnaît, par voie de comparaison, que son orthographe est bien plus gauloise que celle des grammairiens et des lexicographes du continent au début du règne de François Ier, et que le docte professeur de Henri VIII a dû travailler en Angleterre sur des documents de la fin du XVe siècle ou des premières années du suivant[90]. Malgré sa date plus récente on peut donc le placer au premier rang parmi les livres imprimés contenant un recueil de mots français.

[90] Il signale, comme ayant contribué à l’aider dans son travail, l’ouvrage intitulé: Here begynneth the introductory to write and to pronounce frenche, compyled by Alexander Barcley compendiously at the commandement of the ... prynce Thomas duke of Northfolke.

Je possède les trois autres glossaires:

1o Le Catholicon abbreuitatum, pet. in-4 goth., imprimé à Paris, en 1506, par Jehan Lambert, sans nom d’auteur. Il ne contient que 3,500 mots; c’est un livre très-intéressant, puisqu’il nous représente l’état de la langue avant l’introduction de cette multitude de vocables savants, tirés du latin et même du grec à l’époque de la Renaissance.

L’orthographe y est simple, naturelle, assez logique, bien que souvent irrégulière et entachée de l’influence que j’appellerais volontiers calligraphique.