[107] On a reconnu depuis la véritable origine, le latin senior, de ce mot sire. Il a été d’abord senre ou sendre (sendra dans le serment de 842), puis sires, et enfin sire, quand l’s du cas-sujet eut disparu. L’accusatif seniorem a donné le cas-régime seignur, signor, seigneur. Identiques à l’origine, comme moindre et mineur, mes sire et mon seigneur, ces deux cas d’un même mot ont été conservés dans la langue, avec des acceptions différentes. Mais, jusqu’au XIIIe siècle, ils étaient employés l’un comme sujet, l’autre comme régime. «Je me chevauchoie d’Amiens à Corbie; s’encontrai le roi et sa maisnie (maison, de mansio).—A cui es tu? dit-il.—Sire, je suis à mon signor.—Qui est tes sires?—Li barons me dame (le mari de ma dame).—Qui est ta dame?—La fame de mon signor.» (La Riote del monde, dans Nouv. rec. de contes, t. I, p. 473.)
[108] Voir la note précédente.
[109] Doubles consonnes, selon l’acception d’autrefois.
[110] Peut-être faut-il lire φύλλον, feuille.
APPENDICE C.
OPINIONS DE PLUSIEURS MEMBRES DE L’ACADEMIE FRANÇAISE ET DE L’ACADÉMIE DES BELLES-LETTRES SUR L’ORTHOGRAPHE ET LA RÉFORME ORTHOGRAPHIQUE.
(On trouvera plus loin, dans l’[Appendice D], l’analyse des méthodes orthographiques proposées par plusieurs d’entre eux.)
Nicolas Perrot d’Ablancourt, membre de l’Académie en 1637. Partisan, ainsi que Bossuet et Corneille, de la simplification de l’orthographe, il s’exprime ainsi dans la préface de sa traduction de Thucydide (Paris, 1622, in-fol.):
«Avant que de finir il sera bon de mettre icy quelques remarques touchant l’Ortografe et la Grammaire..... Je suy l’ortografe moderne qui retranche les lettres superfluës et je ne mets qu’un T à ataquer, à atendre, pour empescher qu’on ne s’abuse à la prononciation. Et ceux qui soustiennent l’opinion contraire ne sçauroient nier que l’Ortografe ne se soit purifiée peu à peu puisque les langues ne sont jamais si parfaite que lorsqu’elles s’eloignent le plus de leur origine, et qu’elles ont perdu, s’il faut ainsi dire, les marques de l’enfance.»
Dans l’avertissement, qui n’a que six feuillets, j’ai recueilli des mots ainsi écrits:
Acuser, afaire, afection, alumer, aparence, aparent, apeler, aprendre, aquerir, atacher, atribuer, avanture, condanner, le diférent, embaras, exemter, faloir (il a falu), flater, flote, frase, lute, metempsycose, moquer, ocasion, ofrir, raport, raporter, soufrir, stile; il écrit modelle, fidelle, infidelle; je voy, je suy; il supprime le d à je prens, je vens; le p à tems; il écrit qu’ils vinsent et omet le d et le t dans les pluriels: les grans hommes, les defaus, etc. Il écrit aussi: Philipe, Peloponese, Quersonese, Carès, Kios (l’île de Chio).