—Monsieur Grinedal, lui dit-il d'une voix brève, Sa Majesté ne vous a pas donné une épée d'officier pour la salir.
L'épée de Belle-Rose, à demi tirée, rentra dans le fourreau, et tous les officiers sortirent lentement. M. de Villebrais, resté seul, chancela; l'épée échappa à ses mains défaillantes, une sueur glacée mouilla ses tempes, et il tomba sur le carreau. Une heure après cette scène, le sergent la Déroute entrait dans l'auberge de l'air d'un homme qui a une mission délicate à remplir. Du premier regard il aperçut M. de Villebrais assis sur une chaise, les coudes appuyés contre une table et la tête entre les mains, pâle, morne, défait. L'épée était encore sur le sol. Les chandelles avaient été enlevées; une seule lampe de fer pendue au plafond éclairait la vaste salle dont les angles reculés se noyaient dans l'obscurité.
La Déroute fit trois pas en avant, et, ôtant son chapeau, s'inclina légèrement.
—Monsieur de Villebrais? dit-il.
M. de Villebrais tressaillit comme un homme qu'on tire violemment d'un profond sommeil. Il releva sa tête bouleversée par la rage impuissante et l'humiliation, et regardant un instant la Déroute aux clartés rougeâtres de la lampe, il le reconnut.
—Oh! fit-il, c'est un cartel que tu m'apportes?
—Non, monsieur, c'est un ordre.
—Un ordre!
—Et c'est moi que messieurs les officiers du régiment ont choisi pour vous le signifier.
—Toi! insolent!