—Rien.

—Que votre volonté soit faite!

Le gouverneur fit un signe à deux hommes que Belle-Rose n'avait pas remarqués, et qui s'étaient tenus jusqu'à ce moment dans l'un des coins obscurs de la salle. Ces deux hommes saisirent le prisonnier et commencèrent à le déshabiller. Quand il n'eut plus que sa culotte et sa chemise, on l'étendit sur une sorte de chaise longue; on lia ses bras aux bâtons de la chaise, et le médecin s'approcha du patient. Belle-Rose s'était laissé faire sans opposer la moindre résistance. Quand il fut à moitié couché sur la chaise, le gouverneur lui demanda s'il persistait encore dans son refus.

—Je ne puis pas déserter au moment du combat, lui répondit Belle-Rose avec un pâle sourire.

—Il faut donc que l'ordre soit exécuté, fit le gouverneur.

L'un des deux tortionnaires apporta près de la chaise deux grands seaux pleins d'eau, remplit une pinte et l'approcha des lèvres du patient.

—Ah! fit Belle-Rose, c'est le supplice de l'eau!

—Oui, monsieur, dit le médecin, il tue bien quelquefois; mais si l'on en réchappe, on n'est pas mutilé.

Belle-Rose remercia le gouverneur par un regard et avala la pinte. Une seconde lui fut présentée, mais il ne put aller jusqu'au bout. L'un des aides lui coucha la tête en arrière et vida la pinte jusqu'à la dernière goutte. Belle-Rose tressaillit.

—On est prêt à recueillir vos aveux, monsieur, reprit le gouverneur; voulez-vous parler?